
J’ai longtemps pensé qu’on s’acharnait sur moi, que la vie ne m’aimait pas. Et si alors un succès arrivait, une merveilleuse rencontre ou un heureux moment, c’était le fruit du hasard. Je ne me félicitais de rien et je m’accablais de tout. Si la vie ne m’aimait pas, c’est bien que je ne le valusse pas. Les critiques et les remarques faisaient foi de vérité, à laquelle je n’osais échapper. Après bien des années et à force de pugnacité, j’y vois de plus en plus clair. D’une certaine façon, le fond de ma pensée est le même, puisque rien n’est dû au hasard. C’est l’interprétation qui en diffère. C’est le choix de la liberté.
Tout ce qui m’est arrivé m’a modelée, et même, sur un autre plan, je l’ai décidé.
Lorsque j’essayais de contrôler ma vie, de décider à l’avance où j’étudierai, qui je marierai, la vie m’a emportée quelques cases plus loin, ailleurs, dans des endroits inconnus, auxquels je n’aurais jamais pensé. Elle m’a apporté exactement ce dont j’avais besoin. Aujourd’hui parfois, j’essaie encore de savoir, de vouloir, de tout anticiper. Et pourtant mon âme sait: c’est quand je me laisse aller que les choses se font, que l’eau coule librement dans mes cellules, le sang dans mes veines, et que le vent m’amène au bon endroit.
A chaque fois c’est pareil. Lâche. Lâche. Me souffle une petite voix. N’attends rien. Vis simplement. Allègrement. Lâche les reines et laisse la vie t’emmener là où tu es, où tu dois être simplement.
Mes plus belles richesses, mes plus beaux instants sont arrivés grâce à ce « hasard » orchestré. Orchestré par une force autre que moi. C’est cette amoureuse éthérée qui m’a amenée dans ce paradis où je t’ai rencontré.