top of page

Je la cherche cette clé. Depuis de nombreuses années, je la cherche. Dans les livres, dans les études, dans les voyages, dans les expériences, dans les discussions, dans les thérapies, dans les méditations, dans les questionnements, dans les relations, dans l’isolation, le repli et le froid ; dans bien des pourquoi et des silences amers. Dans la lutte acharnée contre les éléments, des vagues tsunamis et des lacs plus plats. Dans le regard de mon père, qu’il est si difficile de soutenir. Dans le soutien de ma mère que je peine à obtenir. Dans la caresse d’une femme, le câlin d’un ami. Auprès du Soleil, et de ses rayons chauds qui me réconfortent. Baignée par la mer, qui me soutient en planche et me ramène à la vie. Je voulais toujours partir, fuir le plus loin possible. La vie semblait si douce, dans les rues de Madrid. Les jeunes femmes à Athènes sont belles et libres. Il fait bon flâner dans les rues de Séville. Le soir est en fête à Lisbonne ; il y a de la musique et des rires. Était-ce là qu’elle se trouvait, la clé de ma rédemption ? Autour d’une sangria, d’un groupe d’amis, assis autour d’un tonneau en guise de table, parlant espagnol, portugais, anglais, italien. Une facile légèreté et un soupçon de romance, une robe à dentelle, légère et fleurie ; le sourire grand, les cheveux relevés, du rouge à lèvres rouge, des bottes montantes. 

Je la cherchais ailleurs, car Paris me semblait mort. Quelque chose en moi voulait fuir, mais avait aussi soif de vie et d’amour. Aujourd’hui mon corps lâche, j’ai décidé de l’habiter. De lui faire place et d’affronter. Je rêve toujours de plage et de doux baisers. De vie simple et chaude, gaie et animée. Mais je dois d’abord voir la douleur de la vérité. Ressentir cette chaleur immonde qui m’inonde la nuit. Qui me fait peur et fait contracter mon cœur. Je ne veux plus avoir peur, malgré la raideur de mon corps, qui essaie tant bien que mal d’évacuer ces sévices. Ma mémoire revient en flash. Je n’ai pas tous les morceaux mais je suis déterminée à faire la peau à ce fléau. A faire la peau à ce salaud. La clé de ma vie est devant mes yeux, elle ouvre la serrure de l’horreur qui fait tâche à l’ennui, mais l’air qu’on respire, le ruisseau du désir est plus fort que la mort. J’ai la clé dans la main et je ne la lâcherai pas, jusqu’à ce que le verrou saute et que la vie s’étale inlassablement, infiniment et durablement. 

Love

  • w-facebook
  • Twitter Clean
  • w-flickr
bottom of page