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Peut être était ce un rêve.

Peut être n était ce pas un rêve. 

Tout est arrivé si vite

Tout m a paru si clair, si fluide, si vivant.

Oui bien sûr j allais avoir une place, le voir, lui parler. Sentir son âme, son aura, entendre le son de sa voix, juste pour moi. Le laisser m'écrire un petit mot, pour Charlotte, que ces vacances en Toscane soient magnifiques... ah . Et j aurais le courage. Je lui donnerai. Ce petit carnet que j ai acheté juste pour lui. Où j ai noté mes poèmes. Et un poème, juste pour lui, écrit aujourd’hui, pour l occasion, sur le coin de mon bureau au travail. Et puis mon numéro de téléphone. Ben oui. Pourquoi pas. Après tout. Qu avais-je à perdre! Dans cette lancée folle, ma créativité, sensibilité et recherche de perfection ont fait traîner cette après-midi. A 18h? Oh il y aura bien une foule en délire. J'arriverai après. Comme ça je ne ferai pas la queue. Et puis je peux rajouter ce poème. Et celui ci. Est-ce trop? Mon dieu c'est beaucoup trop il va me prendre pour une folle! Préparer une sortie de secours si je ne le sens pas. Oui une petite carte. Avec juste mon numéro. Et le poème qui lui est adressé. Je mets la carte dans l'enveloppe. Colle l'envelope. Et j'écris sur l'enveloppe: Julien. Je souris et regarde autour de moi. Personne ne se doute. Et moi je jubile. Passage aux toilettes. J'aurais peut être du demander en récupérant la place si arriver un peu tard semblait risqué. Um. Nan. Bon. On verra. Je suis belle. Je suis sexy aujourd’hui. On verra. Je mets mon rouge à lèvres bien rouge. C'est éclatant. Me voilà partie, le cœur battant. Laquelle vais-je donner. La petite carte ou le petit carnet. Mon cœur balance. Et puis à quoi bon. Ce qui vient de moi, du plus profond c'est ce carnet. Oui, si je le sens je lui donnerai. Je répète dans ma tête ce que je pourrais bien lui dire. Être naturelle? Ou un peu plus assurée? Ah et si j improvisais. Une chance pas deux. J'ai le cœur battant. Mon sang bat dans mes veines. Je me sens vivante. Je marche à pas de course. J'arrive, la porte est fermée: non non je dois y aller. Le gardien de la Fnac m'indique d'aller au troisième étage. Yes yes. Où ça où ça ou ça. Le forum? Ok j'arrive. Le forum. Fermé? Parti? Trop tard? Non ce n'est pas possible. La sécurité me voyant si perplexe m'ouvre la porte du forum pour que je le vois de mes yeux: la salle vide. La table où il était. La petite pièce. Chaude et chaleureuse. J'aurais pu être là. Lui parler vraiment. Lui donner mon carnet. Ou autre. C'est fini. C'est fini. Ce matin je n'y pensais même pas, cette possibilité n'existait pas. Et ce soir j'ai l'impression que mon monde s'écroule! Revenir en arrière. Ne peut-on vraiment JAMAIS revenir en arrière? Il suffisait peut-être des vingt dernières minutes passées à me demander si le carnet était trop? Ou même dix minutes. J'ai le cœur qui bat encore. Je me retrouve dehors, je ne sais plus où aller. Il y a du bruit. C'est vendredi soir. Les gens sortent du boulot et son prêts à faire leur week end. L'effervescence habituelle. Et je suis là. Adossée au mur extérieur de la Fnac. Le souffle court. Ne pas s'arrêter la. Ne pas s'arrêter la. Et si finalement tout ça était pour me lancer. Me dire que ce n'est pas si inaccessible. Savoir prendre les chances quand elles sont là. Arrêter de vouloir être parfaite et de douter de soi. Et foncer lorsqu'il en est encore temps. Julien Doré ca ne s'arrête pas la. On se verra un jour toi et moi. Et en attendant je fonce dans ma vie. Dans ma vie d'artiste. Ready, set, go. 

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